Urgences pédiatriques
par Guylène Le Gal.

Bébé est dans son transat, les joues rouges, les yeux brillants, grincheux, excité par moment, apathique à d’autre. Bébé est fiévreux.

De plus en plus souvent, les parents ont recours au service d’urgence pédiatrique et plus particulièrement, lors d’une élévation thermique importante et qui résiste au traitement courant. Le taux d’accueil des enfants augmente de façon significative la nuit. La crainte d’une maladie grave, le stress des parents ajouté, parfois, à la difficulté de joindre le médecin de garde, amplifie ce mouvement provocant des engorgements dans les services d’urgences pédiatriques.

La nécessité pour les parents d’être rassurés, rapidement, du "savoir ce qu’il a", les progrès des sciences, des techniques et notre société d’exigence amènent les professionnels à une obligation de résultat immédiat. Se posent, alors, les problèmes de l’efficacité, du bon diagnostic, de la surabondance d’examens complémentaires ( au cas où ! ) sans que le praticien ait eu le temps d’approfondir la situation de la famille consultante.

La tendance serait à transformer un service en du consommable à la limite "du super marché, du Speedy des soins" !

Nous avons pris l’habitude de nous précipiter aux urgences dès que notre médecin de famille est en consultation à l’extérieur ou que la salle d’attente déborde de patients impatients. Ne devrions-nous pas, au préalable, contacter le médecin traitant qui décidera de l’utilité d’un accueil aux urgences ?

Les consultations dans les services d’urgences pédiatriques sont, pour la plupart, inutiles. L’idée qu’un enfant dont la fièvre ne cède pas à la prise d’un antipyrétique doit être hospitalisé, rapidement, alors qu’il est sous antibiotique depuis le matin, persiste dans l’esprit de nombreux parents. Il faudra, environ, 48 heures avant que la température disparaisse.

Il est préférable, dans ce cas, de le découvrir, de le mettre en couche, de penser à l’hydrater régulièrement et d’attendre, patiemment, que l’antipyrétique agisse.

Si vous avez un doute, n’hésitez pas à contacter votre généraliste ou SOS Médecin qui vous conseilleront. Cela vous évitera de paniquer, d’inquiéter votre enfant et un déplacement, parfois, risqué car fait dans la précipitation.

S’il s’agit d’une véritable urgence, ils vous dirigeront, rapidement, vers un service hospitalier pour une prise en charge immédiate.

Si le bébé ou le jeune enfant est sous traitement, précisez-le à l’accueil. Munissez-vous de son carnet de santé. Il sera une aide précieuse pour le médecin urgentiste.

Dans tous les cas, gardez votre calme, ne bougonnez pas sur le manque de rapidité de la prise en charge, c’est plutôt bon signe. C’est qu’il n’y a pas d’urgence.